
Le gouvernement fédéral canadien a proposé une législation qui interdirait les dons en cryptomonnaies aux partis politiques, aux candidats et aux annonceurs électoraux tiers, fermant ainsi un canal de collecte de fonds qui n'a pratiquement pas été utilisé depuis sa première autorisation en 2019.
Le projet de loi C-25, la Loi sur des élections fortes et libres, a été présenté le 26 mars par le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Steven MacKinnon. Le projet de loi regroupe les cryptomonnaies aux côtés des mandats-poste et des cartes prépayées comme méthodes de paiement difficiles à tracer, et interdirait les trois dans l'ensemble du système politique fédéral.
L'interdiction couvrirait les partis enregistrés, les associations de circonscription, les candidats, les candidats à la direction et à l'investiture, ainsi que les tiers engagés dans la publicité électorale.
« Ces amendements prioritaires ciblés répondent aux recommandations de l'enquête publique sur l'ingérence étrangère dans le processus électoral fédéral et les institutions démocratiques, ainsi qu'à celles du directeur général des élections et du commissaire aux élections fédérales », a déclaré MacKinnon.
Le Canada a d'abord autorisé les dons de cryptomonnaies en 2019 dans le cadre d'un cadre administratif qui les classait comme des contributions non monétaires, similaires à des biens. Cependant, aucun parti majeur ne les a jamais acceptés publiquement, et aucune contribution n'a été divulguée lors des élections de 2021 ou de 2025. Selon les règles de 2019, les contributions en cryptomonnaies n'étaient pas éligibles aux reçus fiscaux, ce qui représentait une importante désincitation dans un système où les donateurs réclament régulièrement des crédits.
Le directeur général des élections du pays, Stéphane Perrault, a d'abord préféré une réglementation plus stricte plutôt qu'une interdiction pure et simple. Dans un rapport post-électoral de juin 2022, le bureau de Perrault a recommandé que toutes les contributions en cryptomonnaies soient reçues et déclarées quelle que soit leur valeur, fermant ainsi une disposition qui attribuait une valeur nulle aux contributions de 200 CAD ou moins provenant de vendeurs non professionnels et exemptant de fait les petits dons de cryptomonnaies du régime de financement réglementé.
En novembre 2024, cette position avait évolué vers un appel à une interdiction totale, au motif que la pseudonymie des cryptomonnaies rend l'identification des contributeurs « fondamentalement difficile », selon la CBC.
Le projet de loi C-25 est la deuxième tentative de mise en œuvre de l'interdiction. Son prédécesseur, le projet de loi C-65, contenait des dispositions identiques mais est mort lorsque le Parlement a été prorogé en janvier 2025. Le nouveau projet de loi a terminé sa première lecture et doit encore faire l'objet de plusieurs lectures, d'un examen en commission, d'un passage au Sénat et de la sanction royale avant de devenir loi.
Les bénéficiaires de dons en cryptomonnaies effectués en violation de l'interdiction auraient 30 jours pour restituer, détruire, ou convertir et remettre les fonds au Receveur général. Les sanctions administratives pourraient atteindre jusqu'à deux fois la valeur de la contribution.
Les amendes maximales augmenteraient également fortement en vertu du projet de loi plus large. Les amendes individuelles passeraient de 1 500 CAD à 25 000 CAD, et les amendes organisationnelles de 5 000 CAD à 100 000 CAD, selon le libellé du projet de loi.
Le timing est remarquable. Le Canada a présenté le projet de loi C-25 un jour seulement après que le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé un moratoire sur les dons de cryptomonnaies aux partis politiques britanniques, citant les risques liés au financement illicite et à l'ingérence étrangère.
L'annonce de Starmer faisait suite à des semaines de pressions croissantes. Un comité parlementaire multipartite avait demandé une interdiction immédiate des dons politiques en cryptomonnaies à la mi-mars, les qualifiant de « risque inacceptablement élevé ». En janvier, sept présidents de commissions travaillistes avaient appelé le gouvernement à inclure une interdiction des dons en cryptomonnaies dans le projet de loi électoral à venir.
Les deux pays présentent les interdictions comme des mesures défensives contre l'ingérence étrangère plutôt que comme des réponses à des abus documentés.
Les actions coordonnées du Canada et du Royaume-Uni accentuent une divergence croissante avec les États-Unis, où la Commission électorale fédérale a autorisé les dons de cryptomonnaies depuis un avis consultatif de 2014 et où les super PAC soutenus par la crypto sont devenus une force majeure dans la politique américaine.
L'industrie de la crypto a dépensé plus de 190 millions de dollars au cours du cycle électoral américain de 2024 via des véhicules comme Fairshake, qui est devenu le plus grand super PAC du cycle avec plus de 200 millions de dollars collectés. Aucune interdiction fédérale des dons de cryptomonnaies n'existe aux États-Unis, bien que plusieurs États individuels les aient restreints ou interdits.
Avertissement : The Block est un média indépendant qui fournit des nouvelles, des recherches et des données. Depuis novembre 2023, Foresight Ventures est un investisseur majoritaire de The Block. Foresight Ventures investit dans d'autres sociétés du secteur des cryptomonnaies. L'échange de cryptomonnaies Bitget est un commanditaire principal (LP) pour Foresight Ventures. The Block continue de fonctionner de manière indépendante pour fournir des informations objectives, percutantes et opportunes sur l'industrie de la cryptomonnaie. Voici nos divulgations financières actuelles.
© 2026 The Block. Tous droits réservés. Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Il n'est pas offert ou destiné à être utilisé comme conseil juridique, fiscal, d'investissement, financier ou autre.