
La Commodity Futures Trading Commission examine les « marchés de mention » des marchés de prédiction en raison de craintes que les contrats liés à des mots spécifiques prononcés puissent être particulièrement faciles à manipuler, a rapporté NPR le 13 août au soir, citant deux personnes ayant une connaissance directe de l'enquête.
Kalshi a réagi en retirant les marchés de mention sportifs « jusqu'à nouvel ordre », selon le rapport. L'enquête n'a pas été confirmée publiquement par la CFTC. Le régulateur et Kalshi ont tous deux refusé de commenter auprès de NPR, et la CFTC n'avait pas publié d'action d'exécution ni d'annonce décrivant l'examen au moment de la publication.
Les marchés de mention permettent aux traders d'acheter des contrats basés sur la prononciation d'un mot ou d'une phrase spécifique par une personne. Les versions sportives ont inclus des paris sur la prononciation par les commentateurs de termes tels que « MVP », « cheville » ou « redshirt ». NPR a rapporté que Kalshi a retiré tous ces contrats sportifs alors que le régulateur examine cette catégorie.
La suspension ne couvre pas tous les marchés de mention. La page actuelle de Kalshi affiche toujours des contrats actifs liés au président Donald Trump, aux apparitions politiques et aux appels de résultats d'entreprises. Un marché de résultats Klarna, par exemple, propose des contrats liés à la mention par les dirigeants de sociétés ou de sujets commerciaux spécifiques.
Polymarket propose également des marchés de mention sur sa plateforme offshore, a rapporté NPR, mais sa plus petite bourse américaine réglementée par la CFTC ne les répertorie pas actuellement.
La question réglementaire touche directement l'une des exigences fondamentales du Commodity Exchange Act. Les marchés de contrats désignés ne peuvent répertorier que des contrats qui ne sont pas « facilement susceptibles de manipulation ». Ils doivent également maintenir des systèmes de surveillance et d'application capables de prévenir la manipulation et les résultats de règlement faussés, conformément à la proposition actuelle de la CFTC.
Ce cadre aide à expliquer l'inquiétude concernant les paris sur des mots. La CFTC a déclaré dans sa réglementation plus large des marchés de prédiction que les contrats sportifs basés sur des performances agrégées peuvent présenter un risque de manipulation plus faible lorsqu'aucun participant individuel ne peut déterminer le résultat par une seule action. Un contrat de mention peut fonctionner différemment car un diffuseur, un dirigeant ou un politicien peut effectivement déterminer le règlement simplement en prononçant un mot particulier. Cette comparaison est une inférence tirée du cadre de manipulation publié par le régulateur.
Comme rapporté précédemment, la CFTC a également averti les marchés de prédiction contre les auto-certifications de modèles trop larges, indiquant aux bourses que chaque produit doit contenir suffisamment de détails pour que les régulateurs puissent évaluer les méthodes de règlement, les sources de données et les contrôles de conformité.
Le dernier examen fait suite à une affaire impliquant Gabriel Perez, l'opérateur de téléprompteur de longue date de Trump. Kalshi a identifié des transactions suspectes liées à des mots prononcés lors d'apparitions présidentielles et a référé l'activité à la CFTC. Des sources ont indiqué à Reuters que plus de 90 000 $ de profits potentiels avaient été gelés avant de pouvoir être retirés.
Comme rapporté précédemment, Kalshi a signalé les transactions liées au téléprompteur de Trump et les a référées aux régulateurs fédéraux. Perez aurait eu un accès anticipé aux remarques préparées pour plus d'une douzaine d'apparitions présidentielles. La Maison Blanche l'a ensuite démis de ses fonctions.
Cette affaire n'était pas la première rencontre de la CFTC avec la manipulation de contrats événementiels. L'ancien représentant George Santos a récemment accepté des pénalités pour des transactions manipulatives sur Kalshi liées à sa participation au discours sur l'état de l'Union de Trump.
La question immédiate est de savoir si la CFTC ne cherche des changements que pour les marchés de mention sportifs ou si elle conclut que certains contrats basés sur des mots ne peuvent pas satisfaire à ses normes anti-manipulation, quel que soit le sujet. Une personne anonyme familière avec l'enquête a déclaré à NPR que les produits sont « potentiellement très faciles à manipuler », mais cela reste l'évaluation de la source plutôt qu'une conclusion formelle de la Commission.
Kalshi pourrait également modifier les structures de contrats, les exigences d'éligibilité ou les contrôles de surveillance au lieu d'abandonner cette catégorie. La société a déjà introduit des divulgations d'employeurs pour les marchés à risque plus élevé et a déclaré avoir bloqué plus de 100 transactions d'initiés potentielles au cours du premier trimestre.
Pour l'instant, les marchés de mention sportifs restent suspendus sans date de retour annoncée, tandis que d'autres contrats de mention continuent d'être négociés. Une déclaration formelle de la CFTC, des restrictions supplémentaires de Kalshi ou des modifications des futures auto-certifications fourniront la prochaine indication claire de l'ampleur de l'examen.